| Depuis que le tribunal a placé Lyon Capitale en
redressement judicaire, l'ensemble des salariés s'est
mobilisé pour poursuivre l'activité, éditer
l'hebdomadaire et le journal du match, faire rentrer de l'argent
dans les caisses du journal. Dans un contexte difficile et
sans management ni direction.
1. Les salariés
Ainsi, tous les salariés ont fait preuve de courage,
de solidarité et d'imagination pour trouver sans
cesse des solutions. Il n'y a eu aucune démotivation.
Même de la part de ceux qui ont compris à la
lecture des projets de reprise, qu'ils ne seraient pas repris.
Car au-delà des cas individuels, il s'agit pour l'ensemble
des salariés d'assurer la pérennité
d'une entreprise et des valeurs partagées par tous.
C'est-à-dire pour notre journal, un combat pour une
presse indépendante de qualité.
2. La période d'observation
Pendant toute cette période, les salariés
ont tenu bon. Nous avons été dans une sorte
d'autogestion et cela s'est plutôt bien passé
malgré l'incertitude de la période que nous
venons de traverser :
- Le CA publicité réalisé en janvier
2006 est tout à fait normal, presque identique au
CA publicité réalisé en janvier 2005.
- Ce CA serait suffisant pour réaliser le prévisionnel
- à l'équilibre - proposé par X.Ellie
dans le cadre de son plan.
- Ainsi, pendant cette période, nous avons non
seulement conservé la confiance des annonceurs mais
ceux-ci nous ont même assuré de leur volonté
de poursuivre leur collaboration avec le journal.
- De surcroît, Lyon Capitale a poursuivi ses efforts en
matière de partenariat :
- renouvellement en cours pour les nuits sonores, la biennale
de la danse, la semaine de la langue française avec le Ministère
de la Culture et de la Communication
- prospection sur de nouveaux projets.
Ces résultats encourageants ont pu être obtenu
grâce à l'implication et au professionnalisme
des salariés de Lyon Capitale et alors même
que :
- la PDG n'a pas mis les pieds dans nos locaux ce qui
constitue un acte de désertion et d'irresponsabilité,
- l'actionnaire majoritaire tient peut-être des grands
discours sur l'entreprise, son éthique ou son "capital
humain" mais il nous a lâchement abandonné.
A titre d'exemple :
- Evolem a refusé d'avancer 3.000 euros pour ne
pas perdre un contrat vital pour l'avenir de l'entreprise
(Le Journal du Match),
- Evolem, qui souhaitait depuis le début
la liquidation judiciaire a continué, à travers
ses communiqués, à dénigrer la société
et ses anciens dirigeants et déstabiliser l'équipe,
Ainsi, si l'hebdomadaire a pu sortir,
c'est uniquement grâce aux salariés de la société
qui se sont impliqués jusqu'au bout pour assurer
la pérennité de l'entreprise.
L'implication des salariés n'a
été possible que parce qu'ils ont toujours
été convaincus que le journal devait continuer
à vivre et que l'offre déposée par
X. Ellie le permettait tout en conservant la ligne éditoriale.
3. Les offres
Les 2 offres déposées appellent, de la part
des salariés les observations suivantes : des deux
offres de reprises présentées, seule celle
de Xavier Ellie nous paraît de toute évidence assurer
la pérennité de la société et
respecter son code génétique.
En effet :
- L'offre liquidative de Fernand Galula
a une démarche purement liquidative : elle consiste
à absorber un concurrent, et à le faire disparaître.
Cette offre liquidative n'est pas acceptable
puisqu'elle va à l'encontre de tous les efforts déployés
depuis deux mois par les salariés démontrant
que la poursuite de l'activité était possible.
Cette offre est déposée par :
- Un candidat qui a déclaré, il y a deux
mois enregistrer, au sein de son journal "Tribune de
Lyon" (créé en septembre 2005), des "pertes
abyssales" et être "au bord du dépôt
de bilan".
- Un candidat qui procède d'ailleurs actuellement
à des licenciements économiques, notamment
de journalistes.
- L'ambiance au sein de son journal est déplorable
et les salariés de Lyon Capitale pressentis pour
le rejoindre sont très réticents voire carrément
hostiles à une telle perspective.
On comprend difficilement comment celui-ci
peut aujourd'hui sans ciller proposer de reprendre 10 salariés
alors qu'il a licencié un tiers des effectifs de
journalistes après 3 mois d'activité et qu'il
a demandé aux autres d'accepter des diminutions de
salaire alors qu'il avait promis publiquement qu'il tiendrait
trois ans avec la même équipe et aux mêmes
conditions (en plus de ces licenciements, 5 personnes seraient
parties de leur propre chef).
Ainsi, on comprend difficilement comment
le tribunal pourrait retenir l'offre liquidative d'une société
très mal en point qui n'a absolument pas fait ses
preuves et qui enregistre, du propre aveu de son dirigeant
et propriétaire, de telles pertes.
Enfin, il existe un réel désaccord
entre Lyon Capitale et Monsieur Galula, ce qui avait d'ailleurs
conduit les fondateurs de Lyon Capitale à s'opposer
à deux reprises à son entrée au capital
de la société en 1995 et 2004. Ils étaient
alors bien conscients qu'il s'agirait d'une alliance contre-nature
tant la conception même du métier de journaliste
diverge. Ce que veut Monsieur Galula, c'est une presse qui
ne fâche personne et surtout pas les pouvoirs en place.
Je vous rappelle que la rédaction de Tribune de Lyon
s'est mise en grève pour protester contre la censure
d'un article défavorable au maire de Lyon dont leur
patron est un proche. Au contraire, Lyon Capitale n'a qu'un
souhait : faire son travail de journaliste en toute responsabilité
et indépendance. La démocratie a besoin de
journaux qui n'instrumentalisent pas l'information et recherchent
le débat et la confrontation des idées ce
que Lyon Capitale essaye de faire depuis 11 ans.
En conclusion, attribuer le journal à
Monsieur Galula c'est aller contre le pluralisme de la presse,
étrangler l'indépendance de la presse dans
une ville qui en a bien besoin et dans une période
qui s'annonce chargée en évènements
politiques et sociaux.
En conséquence, l'offre liquidative
de Monsieur Galula n'est pas une offre d'entreprise et ne
répond pas aux objectifs fixés par la loi
à savoir "assurer (dans les meilleures conditions
et) le plus durablement l'emploi attaché à
l'ensemble cédé (...)." .
- L'offre de Monsieur ELLIE : dans son offre il propose
la continuité de l'entreprise puisqu'il reprend 12
salariés et s'engage de consacrer une somme significative
par mois pour des correspondants, ce qui représente
un volet de piges qui permettrait de solliciter l'équivalent
de 4 ou 5 journalistes à temps plein ; il souscrit
également à la ligne éditoriale du
journal lorsqu'il parle d'un "hebdomadaire au ton incisif,
parfois même décalé par rapport aux
autres médias institutionnels".
Les salariés ont confiance en
Xavier Ellie et son offre ; la plupart d'entre eux le connaissent
puisqu'en tant que PDG du Progrès il a été
notre actionnaire de référence pendant plusieurs
années. Il a fait preuve d'une tempérance
et d'une capacité exemplaire de résistance
aux pressions. Il s'est toujours porté garant de
l'indépendance de notre journal. Il connaît très
bien la profession et a présidé le syndicat
de la presse quotidienne parisienne et la fédération
nationale de la presse française ; il dispose de contacts
professionnels essentiels dans tous les journaux français,
une expérience, des savoirs et une compétence
- en matière de presse aussi bien qu'en économie
- qui nous paraît rassurante et extrêmement précieuse.
Son projet est certes austère
mais il est réaliste et offre au journal une vraie
opportunité de continuité. Pour les salariés,
cette offre apporte l'essentiel : du sens et des valeurs,
elle s'inscrit dans la durée. Surtout, elle nous
permet tout simplement d'exercer notre métier, de
faire un journal d'information citoyen, impliqué
dans la cité qui ne soit à la solde de personne.
Les salariés sont convaincus qu'il
vaut mieux une offre austère mais réaliste
plutôt que des promesses extravagantes et intenables.
Par ailleurs, il promet d'apporter une
somme conséquente en compte-courant ce qui démontre
bien son intention de mener à bien son projet dans
la continuité. Enfin, celui-ci propose de reprendre
l'ensemble des abonnements ce qui constitue un gage capital
de la volonté de X.Ellie de s'inscrire dans la continuité
en respectant le contrat de Lyon Capitale avec ses lecteurs.
Si nous avons la chance de poursuivre
cette aventure de presse qui dure depuis plus de dix ans,
Lyon Capitale ne sera pas un journal de vengeance ou de
repentance - nous n'aurons aucun compte à régler,
juste le devoir et le plaisir de faire notre métier
et l'envie d'aller de l'avant et de reconquérir de
nouveaux lecteurs.
EN CONCLUSION, les salariés souscrivent pleinement
à l'offre de Xavier Ellie et pas du tout à
celle de M. Galula. Bien plus, si les salariés se
sont autant investis tout au long de cette période
(même ceux qui savaient ne pas être dans le
périmètre de la reprise), c'est parce qu'ils
savaient qu'il y avait une chance pour que le journal continue
à exister et à s'impliquer dans la cité.
M. Xavier Ellie a pris la mesure de son projet en rencontrant
l'ensemble des salariés qu'il a voulu associer individuellement
au projet de reprise.
Au contraire, si l'offre liquidative de Galula était
retenue :
- Cela entraînerait vraisemblablement des mouvements sociaux
compte tenu de l'hostilité de l'ensemble des salariés
à l'égard de F. Galula,
- Celui-ci ne pourra vraisemblablement pas tenir ses promesses
puisque son journal est déjà dans une situation
difficile et qu'il faut même se demander si son journal
n'est pas en état de cessation des paiements,
- Cela signifie que les deux mois de période d'observation
n'auraient servi à rien et surtout cela signe l'arrêt
de mort du journal,
- Que le tribunal préfère une offre qui entraîne
une liquidation du journal plutôt qu'une offre qui
permet la préservation de l'emploi et la poursuite
d'un journal,
- Cela viserait uniquement à préserver
les intérêts du candidat qui la dépose
à savoir l'élimination d'un concurrent mais
ne présenterait aucun projet d'entreprise (celui-ci
n'explique même pas ce qu'il entend faire des personnes
reprises, du titre du journal qui constitue le principal
actif).
Sur les deux offres, il y a d'un côté
un projet d'entreprise et de l'autre une offre liquidative.
Enfin, les salariés ne peuvent
que déplorer que depuis quelques jours des pressions
soient exercées afin que l'offre liquidative de M.
Galula soit retenue (voir articles dans Lyon Mag, Tribune
de Lyon, discrédit porté sur JO Arfeuillère
et Xavier Ellie etc) alors que de leur côté,
les salariés font le maximum pour que le journal
vive.
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