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Les 27 salariés,12 correspondants
de presse et deux photographes de Lyon Capitale souhaitent,
par la voix de leur représentant, attirer l'attention
du Tribunal de Commerce et du Procureur de la République
sur un certain nombre d'éléments.
En effet, la nouvelle direction de la
société Lyon Capitale, par l'intermédiaire
d'Evolem et d'Isabelle Grosmaître, la nouvelle PDG,
tente d'imputer la responsabilité du dépôt
de bilan aux salariés de la société.
Cette affirmation est fausse et jette
le discrédit sur une équipe particulièrement
motivée et impliquée dans la société.
Pour nous, ce dépôt de bilan a
été orchestré et précipité
par la nouvelle direction et l'actionnaire majoritaire.
Il apparaît fondamentalement comme un acte ultime de censure :
on saborde un journal à défaut d'avoir pu
faire plier la rédaction.
L'arrivée du nouvel actionnaire et ses promesses
Fin août 2005, notre PDG Jean-Olivier
Arfeuillère nous présente le nouvel actionnaire,
monsieur Bruno Rousset.
Bruno Rousset nous convainc rapidement,
par ses déclarations, qu'il adhère à
la ligne éditoriale du journal et entend préserver
l'indépendance rédactionnelle. Il affiche
de très grandes ambitions puisqu'il assure alors
vouloir faire de Lyon Capitale
"le premier groupe de presse régional"
et entend multiplier par 10 le chiffre d'affaires de la
société en 5 ans.
Les déclarations de Bruno Rousset
convainquent rapidement l'ensemble des salariés de
la société que le nouvel actionnaire sera
conforme à l'éthique du journal et, je cite,
à "son code génétique".
Tout cela donne des ailes à l'ensemble de l'équipe
qui s'engage avec énergie dans une dynamique de développement.
Deux nouveaux titres sont créés dès
l'automne avec l'accord de notre nouvel actionnaire : Week-end
à Lyon et Le Journal du match, journal officiel de
l'Olympique Lyonnais.
Nous nous engageons tous dans le plan
de développement très ambitieux élaboré
par Evolem, lequel plan prévoit d'inévitables
augmentations de charges et impose une surcharge de travail
à laquelle nous nous plions avec enthousiasme.
Les déclarations de Patrick Bertrand et les pressions
exercées sur Bruno Rousset
En octobre 2005, le vice-président
du Grand-Lyon aux délégations de service public,
Patrick Bertrand, démissionne en déclarant
qu'il n'a "pas envie de
jouer plus longtemps les guignols sur des marchés
de concession que je pense pipé".
Lyon Capitale lui consacre un entretien,
enquête sur ses dires et constate, en effet, des anomalies
dans l'attribution des marchés. Lyon Capitale met
notamment en lumière une possible entente sur les marchés
de voirie, l'attribution étrange du marché
de chauffage et les négociations entre le maire Gérard
Collomb et Olivier Ginon (GL Events) destinée à
octroyer à ce dernier un quasi-monopole sur les salles
de congrès à Lyon (Eurexpo, Palais des congrès,
salle 3000, Sucrière...)
En réponse, le maire Gérard
Collomb entreprend, ainsi qu'il l'a admis publiquement,
une guerre économique à l'encontre de Lyon
Capitale puisqu'il interdit à ses services de Lyon
et du Grand-Lyon d'acheter le moindre espace publicitaire
dans le journal.
Dans le Progrès du 17 décembre,
il reconnaît : "Oui j'ai
supprimé les budgets de la ville à Lyon Capitale".
Des pressions seraient par ailleurs exercées
sur Bruno Rousset afin de mettre au pli la rédaction
du journal, comme le précise le quotidien "Le
Monde" dans son
article du 16 décembre 2005 : "Mécontent
des révélations faites par l'hebdomadaire
Lyon Capitale, le maire de Lyon, Gérard Collomb,
aurait demandé la tête du fondateur du journal Jean-Olivier
Arfeuillère (...) L'éviction de M. Arfeuillère
prend des allures politiques à Lyon (...) Quelques
temps avant, le socialiste Gérard Collomb avait rencontré
dans son bureau le patron d'April. Le maire qui entretient
avec les milieux économiques d'excellentes relations
a reconnu avoir demandé à quelques chefs d'entreprise
emblématiques locaux de convaincre Bruno Rousset
de cesser de jouer "contre les intérêts de Lyon"".
L'éviction de notre PDG Jean-Olivier Arfeuillère
Le 14 décembre, nous apprenons
que notre dirigeant Jean-Olivier Arfeuillère est
révoqué de ses fonctions de PDG. Madame Isabelle
Grosmaître est nommée à sa place.
Celle-ci, précédemment
responsable du marketing, ne connaît rien a la presse.
Pire, elle se répand sur les fautes
de gestion qui auraient été commises par notre
ancien dirigeant, les qualifiant même d'abus de bien social.
L'ensemble de la rédaction se
sent trahie et pressent que cette éviction n'a pour
but que de brider sa liberté d'expression. La réaction
est immédiate et l'ensemble des salariés de
la société se mobilise pour solliciter la
réintégration immédiate de son ancien
PDG Jean-Olivier Arfeuillère, seul garant de la liberté
rédactionnelle du journal.
Le nouvel actionnaire, Bruno Rousset
refuse et se contente, a l'instar de la nouvelle dirigeante,
d'accuser l'ancien dirigeant de malversations.
La nouvelle PDG, Mme Isabelle Grosmaître
Malgré ce climat difficile, la
rédaction sort Le Journal du Match du 16 décembre
ainsi que le mensuel.
Pour ce qui concerne l'hebdomadaire,
la nouvelle dirigeante, qui statutairement, remplit également
les fonctions de directrice de la publication, assure les
journalistes qu'ils conservent leur liberté rédactionnelle.
Elle ne tient pas ses promesses puisqu'elle décide
de censurer le journal.
L'édition du 20 décembre
de Lyon Capitale est donc censurée, pour la première
fois de son histoire pourtant riche en pressions et tentatives
de censure.
Isabelle Grosmaître va même jusqu'à
mettre à pied notre rédacteur en chef, Monsieur
Philippe Chaslot et le convoque le 3 janvier a un entretien
préalable a son licenciement.
La "purge
éditoriale" se poursuit,
selon l'expression reprise par le Journal Le Monde du 4
janvier 2006.
Pire, dans la nuit du 20 au 21 décembre
2005, Mme Isabelle Grosmaître fracture les armoires de la
comptable pour, selon ses dires, "mettre
les comptes à l'abri".
Par cet acte, particulièrement violent et traumatisant
pour la comptable et le personnel, elle manifeste clairement
sa défiance à l'égard de l'ensemble
des salariés de la société.
En réalité, madame Isabelle
Grosmaître, qui n'est quasiment jamais présente au
sein de la société, perturbe gravement le
fonctionnement de l'entreprise, puisqu'elle seule peut signer
les ordres de parution des annonces légales, émettre
des chèques etc.
Pour la joindre, il nous faut lui adresser
des e-mails, des fax voire des lettres recommandées
au siège d'Evolem, où elle s'est repliée.
Cette vacance du pouvoir, manifeste depuis le 14 décembre,
désorganise profondément la société.
De surcroît, les déclarations
de notre nouvelle PDG et de l'actionnaire majoritaire Evolem
dans la presse jettent le discrédit sur le personnel
et sur l'ancienne direction et dénigrent les résultats
de la société. Cela nous choque profondément
car jamais, même au plus fort de la crise, nous n'avons
nui à l'activité de la société
ni nous n'avons dénigré une entreprise à
laquelle nous sommes très attachés, certains
depuis l'origine. Les sept fondateurs étaient encore
salariés de la société le mois dernier.
La situation actuelle
Depuis quelques jours, nous avons appris
que la nouvelle dirigeante avait déposé le
bilan de la société. Depuis cette annonce,
l'ensemble du personnel se mobilise pour que l'activité
continue, conforté par la perspective de trouver
un nouvel actionnaire plus conforme à son éthique.
Plusieurs repreneurs sérieux ont
en effet manifesté clairement leur intérêt
pour Lyon Capitale et son équipe. Pourtant, alors
que l'ensemble du personnel s'est mobilisé pour que
l'hebdomadaire Lyon Capitale du 10 janvier et le 4e numéro
du Journal du match soient réalisés et que
nos lecteurs et nos annonceurs ne soient pas privés
de leurs journaux, la nouvelle direction du journal a exercé
une nouvelle censure.
Invoquant l'état de cessation
de paiement, Isabelle Grosmaître a refusé d'imprimer
les éditions, hypothéquant encore davantage
la poursuite ou la reprise de l'activité.
Les dépenses en jeu étaient
pourtant minimes (3200 euros auraient été
nécessaires à l'impression de l'hebdomadaire
en pagination réduite) et couvertes par un chiffre
d'affaire publicitaire plus de deux fois supérieur
à cette somme.
Par ailleurs, les salariés avaient
fait des propositions permettant de sortir l'une des éditions,
Le Journal du Match, qui n'ont pas abouti. Enfin, je souhaite
attirer votre attention sur le mépris dans lequel
la nouvelle direction tient le personnel de l'entreprise.
Dernier exemple en date du lundi 9 janvier,
Mme Isabelle Grosmaître a informé les correspondants
du fait qu'ils ne seraient pas payés au mois de décembre
puisque leurs traitements ne seraient pas pris en charge
par les AGS mais considérés comme des créances
de fournisseurs. Or, non seulement les sommes sont très
minimes le montant est de 6230 euros en décembre
- mais elles représentent parfois la seule source
de revenus de personnes souvent en situation difficile.
Ce statut précaire est celui de
12 journalistes collaborant très régulièrement
avec la société. Nous espérons vivement
que, comme en font état des informations circulant
à cet égard, la nouvelle direction n'a pas
privilégié, au versement des traitements des
personnels les plus précaires, le règlement
de factures à des tiers, de type frais d'avocats
ou expertises comptables, qui n'ont pas ce caractère
vital/d'urgence. Aujourd'hui, face à cette situation
et à l'acharnement mis par notre actionnaire à
détruire l'entreprise, nous n'avons que des interrogations
à formuler :
- Comment se fait-il qu'un nouvel actionnaire - une société
de capital risque dont la prise de participation dans des
sociétés est le métie - qui se déclare
lors de l'acquisition, parfaitement au courant de la situation
financière et comptable de l'entreprise, jette l'éponge
moins de trois mois après son arrivée et déclare
avoir été berné ?
- Comment se fait-il qu'alors qu'un plan de développement
très ambitieux vient tout juste d'être esquissé,
il opère un revirement total ?
- Comment se fait-il que la lune de miel ait tournée
si subitement au cauchemar ?
Pour nous, il s'agit du choix délibéré
de précipiter la perte d'une entreprise de presse
dont le principal tort est de se revendiquer "Journal
des esprits libres". Tout le monde sait bien que choix
obéit avant tout à des raisons qui ne sont
pas financières.
Pour nous, cette situation était donc évitable,
et s'il y avait eu une vraie volonté de la part de
l'actionnaire majoritaire, il aurait été possible
de poursuivre l'activité.
Devant ce que nous considérons comme une manipulation
pour détruire notre journal, les salariés,
bien qu'inquiets et surtout profondément choqués
restent en état de veille / vigilants.
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